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Retraites : quand le Parti Socialiste a des idées…


Sur les retraires le PS met des oeillèresLa semaine dernière, la Secrétaire Générale du Parti Socialiste, Martine Aubry, annonçait fièrement à la sortie d’une réunion des cadres du parti, avoir trouvé une solution pour sauver notre système de retraites. Mais, aussitôt elle complétait par : « nous ne souhaitons pas faire des propositions pour que le gouvernement en picore une ou deux »…

Un Mouvement politique qui aspire à gouverner ne doit-il pas se saisir de tous les débats, surtout quand il s’agit de sujets ayant un tel impact sur notre avenir, comme l’est celui des retraites ? Ne doit-il pas proposer des idées pour tenter d’améliorer notre société ? Un tel Mouvement d’opposition, ne serait-il pas ravi que le Gouvernement se range derrière les propositions suggérées ?

Néanmoins, il serait faux d’écrire que les responsables socialistes n’ont pas, chacun de leur côté, déjà dévoilé leurs pistes sur le sujet de la retraite.

Certains s’accordent sur la nécessité d’allonger la durée de cotisation ou bien de repousser l’âge légal de départ à la retraite (Manuel Valls, Gérard Colomb, Jean Marie Le Guen). D’autres n’envisagent pas cette hypothèse et préconisent plutôt des mesures de taxation supplémentaire (Martine Aubry, Benoit Hamon, Vincent Peillon) :

  • davantage taxer les stocks options (rappelons que le Gouvernement fût le premier a les taxer),
  • majorer l’Impôt sur les Sociétés des banques de 10 %,
  • supprimer le bouclier fiscal.

Alors que le besoin de financement s’élève à 30 Md€ en 2010 (et dans l’optique du scénario le plus favorable selon le COR*, 40 Md€ en 2020,  47 Md€ en 2030 et à 71 Md€ en 2050), ces mesures ne rapporteraient pas plus de 2 Md€, soit moins de 7% des réels besoins en 2010…

Pour sauver notre système de retraites par répartition, qui repose sur la solidarité intergénérationnelle, nous ne pouvons pas nous contenter de mesurettes orientées toujours dans le même sens (taxer toujours plus, alors que le poids des prélèvements obligatoires est déjà très élevé en France par rapport à nos principaux partenaires : 43% en 2008 contre 27% aux États-Unis, 36% en Allemagne et 33% en Espagne) et encore moins de jeux politiciens.

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, et le Gouvernement ont préféré se saisir avec beaucoup de courage de ce sujet qui aurait fait fuir beaucoup de responsables politiques, afin d’aboutir après une période de concertation à une réforme ambitieuse pour sauvegarder notre système de retraites par répartition.

* COR : Conseil d’Orientation des Retraites. Créée en 2000 par le Gouvernement de Lionel Jospin, cette structure rassemble des parlementaires, des représentants des partenaires sociaux, des experts et des représentants de l’État français.

 

Régis Maag, le 2 mai 2010


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