La politique du logement – Laurent Thierry
Le logement n’en finit pas d’être une priorité pour les gouvernements successifs français.
Le plan de relance du Président de la République n’a pas failli à cette règle et replace une fois encore, le logement « à l’épicentre de la crise » en lui attribuant des crédits d’1,8 Md€ supplémentaires pour les deux prochaines années.
Pour enrayer la crise du logement, dont certains pourraient penser qu’elle était acyclique, le Président de la République a concentré son action sur le secteur social et intermédiaire avec un programme supplémentaire de construction de 70 000 logements, lancé pour la période 2009-2010. Ce programme s’ajoute aux 30 000 logements déjà mis sur le marché en Vefa (Vente en état futur d’achèvement) par les promoteurs immobiliers.
Cet effort pour le logement social est chiffré à 600 M€.
Sans surprise, le logement privé n’est pas oublié avec le doublement du prêt à taux zéro, une quotité du prêt qui passe à 30 % du prix du logement neuf et un niveau des plafonds de prix de logements augmenté.
« Laisser s’accroître encore dans l’avenir le déséquilibre entre l’offre et la demande de logement serait catastrophique. Il faut donc par tous les moyens encourager la construction. Si la construction ralentit, l’écart déjà trop grand, se creusera encore davantage entre l’offre et le besoin de logements, ce qui empêchera les jeunes d’accéder à la propriété et même de se loger décemment » indique Nicolas Sarkozy.
Une enveloppe de 600 M€ est également avancée pour cette mesure qui ne fait pas l’unanimité.
En effet, le doublement du prêt à taux zéro pour le neuf va permettre de resolvabiliser les primo-accédants et de relancer la construction de maisons individuelles, mais sans l’extension à l’immobilier ancien, cette mesure n’aura que des effets limités. Les ménages modestes portant naturellement leur choix vers les logements anciens, lorsqu’ils s’orientent vers l’accession à la propriété. Par ailleurs, la moitié du chiffre d’affaires des entreprises du bâtiment en France est fondée sur l’activité d’entretien et de rénovation des logements anciens.
Enfin, pour faciliter la tâche des promoteurs, les contraintes liées au droit de l’urbanisme seront temporairement assouplies. En effet, la durée de validité des permis de construire vient d’être allongée à 3 ans, le premier ministre vient d’officialiser la prorogation d’un an des permis de construire pour les projets en retard, propose de relever de 20 % les coefficients de densité pour les communes qui le souhaitent. La construction en mitoyenneté ou en contiguïté sur des terrains de taille suffisante pourra être aussi autorisée et enfin la prolongation du processus destiné aux communes qui manifestent leur intérêt pour acquérir des terrains publics mis à la vente.
Au bout du compte, on pourra se féliciter pour toutes ces mesures constructives au plan de relance pour le logement, décidées par le Président de la République. Mais tout cet engagement politique suffira t il à enrayer la spirale du ralentissement de la construction et de la baisse des transactions immobilières, sans l’application d’une réduction de la TVA ? Passer d’une taxation de 19,6% à 5,5% pour l’achat d’un logement neuf aurait été le réel booster à la situation du logement en France !!!
Laurent Thierry / Jeunes Actifs Paris 12
Régis Maag, le 8 janvier 2009
Donnez votre avis