Le journal Le Monde est presque inspiré pour une fois. Il publie un article sur le logement et annonce que les États généraux du logement, qui regroupent promoteurs, constructeurs, organismes HLM, associations d’élus, entreprises du bâtiment et groupements d’usagers lancent un appel au gouvernement pour « une grande politique du logement ». Il faut attendre le dernier point pour qu’on parle des jeunes. Félicitons-nous, on ne nous oublie pas complètement :
« Point N°15. Prendre en compte les jeunes, grands oubliés des politiques du logement
Mettre en œuvre des solutions adaptées aux jeunes tant du point de vue de l’accès au logement que de la solvabilisation.
S’assurer de la bonne prise en compte des besoins particuliers des jeunes dans le cadre du PLH.
Développer dans le parc social et le secteur privé conventionné des formules adaptées aux situations des jeunes ménages et à leur mobilité.
L’ensemble du diagnostic et des propositions détaillées sera accessible à partir de 14 heures sur le site de l’Union sociale pour l’habitat. »
Benoist Apparu a déjà un temps d’avance sur cet appel au gouvernement qui nous relègue en dernière position. Nul doute que le Ministre va leur rappeler que le point N°1, ce sont les Jeunes classes moyennes Actives. Parce que si on continue de laisser la jeune génération entrer dans la vie active sans lui donner les garanties qu’elle va, par son travail, pouvoir se loger, ça va coincer sévèrement… Notre secrétaire d’État en a conscience mieux que quiconque, il est lui-même un jeune actif.
Enfin, si la finalité de ces états généraux est de construire plus pour faire baisser les prix, les jeunes qui viennent enfin d’accéder à la propriété, qui viennent de s’endetter pour au moins 15 ans sur le gage de la continuité de leurs salaires, vont avoir du mal à avaler que leur patrimoine à peine acquis soit dévalorisé par une politique sociale qui n’a d’yeux que pour les primo-accédants et les locataires. Un jeune actif est un jeune travailleur qui a souvent conscience que ses efforts au travail seront valorisés par la constitution d’un patrimoine. Les retraites de demain ne sont déjà pas garanties, il faut que le politique autorise les jeunes actifs à capitaliser pour assurer l’avenir !