Elections présidentielles en Pologne
Tandis que nous étions submergés par la sottise d’enfants gâtés partis en vacances en Afrique du sud, des élections présidentielles anticipées se déroulaient en Pologne.
Suite à la mort du Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, lors du krach du Tupolev présidentiel le 10 avril 2010 dans la région de Smolensk dans l’ouest de la Russie (tragédie au cours de laquelle sont décédées son épouse et une importante délégation officielle comprenant de nombreuses hautes autorités polonaises civiles, militaires et religieuses), des élections présidentielles anticipées ont été organisées.
Le Président et la délégation se rendaient aux cérémonies commémoratives du 70e anniversaire du massacre de Katyń. Ce même lieu aura donc connu une deuxième tragédie pour cette nation, 70 ans après l’exécution par l’armée soviétique en 1940 de plus de 4500 polonais, essentiellement des personnalités, des officiers mais aussi des étudiants (officiers de réserve), des médecins et des membres des élites polonaises réputées hostiles à l’idéologie communiste. Ce lieu symbolise également les 22 000 assassinats de l’élite polonaise ordonnés par Staline lors de cette période (1939-1940).
Lech Kaczyński (parti du PiS, « Droit et Justice »), ultra-conservateur et anti-libérale, était opposé à l’avortement, aux droits des homosexuels (il avait d’ailleurs interdit une manifestation homosexuelle à Varsovie lorsqu’il était maire de la capitale polonaise). Eurosceptique, il s’était également fait connaître sur la scène européenne pour sa forte réticence à ratifier le traité de Lisbonne. Il nomme en juillet 2006 son frère jumeau à la tête du Gouvernement de sa coalition (conservateurs, nationalistes, parti paysan, etc…), Jarosław Kaczyński. Les deux frères jumeaux forment ainsi un duo inédit à la tête d’un pays de l’Union Européenne. Toutes les frasques au sein de sa coalition fragile ont mené son parti à la défaite lors des législatives de 2009, obligeant le Président à une cohabitation tendue avec le leader des libéraux et chef de l’opposition, Donald Tusk (parti PO, « Plateforme civique »).
Le 4 juillet 2010, Bronislaw Komorowski (PO) a été élu Président de la République de Pologne avec 53 % des voix à l’issue du 2ème tour de l’élection présidentielle, face à Jarosław Kaczyński (PiS), frère du Président défunt. En revanche, les électeurs Polonais confirment leur désintérêt pour la politique nationale, puisque le taux de participation ne dépasse pas 55 %.
Après le retrait de Donald Tusk pour l’investiture à la candidature à la Présidence de la République, Bronislaw Komorowski gagne les primaires au sein de son parti (PO) en mars 2010 en vu des élections programmées à l’origine en automne 2010. La mort du Président en place aura précipité les élections. A la fois Président de la Diète polonaise, il devient à la suite de cette tragédie Président de la République par intérim jusqu’à sa victoire aux élections.
La Pologne sera davantage tournée vers l’Europe et continuera les réformes amorcées par le Gouvernement de Donald Tusk, avec comme objectif de moderniser le pays pour le préparer aux enjeux de demain. Il travaillera avec le Gouvernement de Donald Tusk afin de poursuivre la libéralisation de l’économie et de continuer la politique de réduction des déficits publics. Il souhaite également faire passer le pays à l’euro d’ici cinq ans environ, et veut mettre fin au déploiement impopulaire en Afghanistan d’ici à 2012.
Romain Burgat
Régis Maag, le 21 juillet 2010
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