Published On: jeu, Oct 9th, 2014

La plume de Modiano réécrit l’histoire du prix Nobel de littérature

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Le romancier français Patrick Modiano a obtenu le prix Nobel de littérature. L’Académie royale de Suède a précisé jeudi qu’elle a récompensé ainsi «l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de la vie sous l’occupation.».

Disciple de Raymond Queneau, Patrick Modiano, né en 1945, est l’écrivain de près de trente romans. Le romancier français est notamment l’auteur du roman «Les boulevards de ceinture», grâce auquel il a obtenu le Grand Prix du roman de l’Académie française en 1972. De plus, son roman intitulé «Rue des boutiques obscures» a été récompensé avec le Prix Goncourt en 1978.

Le dernier roman de Patrick Modiano «Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier» vient d’être publié.

L’œuvre de Modiano témoigne bien de la volonté de l’écrivain d’explorer les divers aspects qui caractérisent l’esprit humain. Le souvenir, le passé et l’influence des expériences personnelles dans le développement de l’esprit : voici ce dont il est question dans l’œuvre de Modiano.

Dans son dernier roman, l’oubli est un thème récurrent. La mémoire n’est donc qu’une illusion. L’oubli acquiert dans le roman de Modiano une nouvelle dimension, il ne s’agit plus d’un défaut de mémoire, mais d’une caractéristique de l’esprit humain. Oublier pour vivre.

Displaying 2 Comments
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  1. Oubli et mémoire : une relation au-delà du défaut dit :

    « L’oubli acquiert dans le roman de Modiano une nouvelle dimension, il ne s’agit plus d’un défaut de mémoire ». Certainement ! on l’a tous expérimenté je pense, l’oubli semble une fonction dans le processus de mémorisation. Plus j’oublie une « chose » souvent, plus ma relation avec elle s’intensifie. La conscience d’oublier par exemple créé un renforcement de la mémoire vis-à-vis de l’objet oublié. Et puis de Platon à Deleuze, en passant par Bergson, Nietzsche et Blanchot, l’oubli a rarement été simplifié en un « défaut de mémoire ». Sans parler des neuro-sciences, qui démontrent que le processus de connaissance et d’oubli par passages successifs génère de la mémoire. La dimension nouvelle de Modiano apporte probablement un peu plus qu’un simple évitement de l’approche spontanée de ce phénomène 😉

    • Wissem dit :

      Oui en effet ! l’oubli n’est « un défaut de mémoire » que dans la pensée populaire ! réellement, l’oubli n’existe pas ! il y a simplement les éléments que le cerveau considèrent comme importants ou moins importants.
       » Plus j’oublie une « chose » souvent, plus ma relation avec elle s’intensifie. » –> ce n’est pas toujours le cas, on n’oublie que ce que le cerveau considère comme chose très peu intéressante ou très peu importante. Généralement, on oublie les choses qui n’ont pas de conséquences directes sur notre vie.
      L’approche de Modiano est littéraire et philosophique, il ne s’agit pas réellement de l’oubli comme phénomène, plutôt comme prise de conscience, non seulement de l’absurdité du processus de mémorisation, mais surtout une prise de conscience de l’inconscient même ! si les empiriques pensent que les connaissances passent par l’expérience, Modiano semble dire que les connaissances-notamment la connaissance de soi-même- passent par ce regard introspectif qui vise à découvrir ce que nous sommes, ce que nous savons, ce que nous désirons.

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